Interview de Guy Lejeune, Smartnodes, et de Michel Herquet, B12 Consulting

Guy Lejeune & Michel Herquet

 

Le challenge ? Faire le tri entre des dizaines d’idées d’intelligence artificielle imaginées par les collaborateurs de Smartnodes pour améliorer la vie dans la ville. Une mission que les experts de B12 Consulting ont réussi avec brio dans le cadre du programme Start IA créé par Digital Wallonia 4 AI avec Agoria. Au final : 3 ou 4 pépites, notamment un beau projet de maintenance prédictive de l’éclairage public qui ne demande qu’à se réaliser. Explications par Guy Lejeune et Michel Herquet.

Guy Lejeune, vous êtes l’un des fondateurs et responsables des activités R&D et informatiques de Smartnodes. Si vous deviez décrire vos métiers ?

GL : En pratique, nous équipons les luminaires de l'espace public de capteurs de présence, de mouvement, de bruit...
Cela nous permet de proposer un éclairage public « à la demande » ou de réaliser du telemonitoring pour mesurer la densité du trafic, piloter des panneaux de signalisation... Notre objectif ? Combiner tous ces systèmes intelligents et créer des applications pour faire de l’éclairage public la force motrice des réseaux de ce que l’on appelle la Smart City.

Et pour atteindre cet objectif, vous avez pensé à l’intelligence artificielle…

GL : De par nos racines universitaires, notre équipe a une oreille et une appétence pour ces technologies. Et en particulier pour ce qu’elles peuvent nous apporter. Notre expérience est cependant limitée et ne concerne que des aspects de capteurs assez simples. Nous ne nous sommes pas encore lancés dans des projets plus larges comme l’exploitation de notre Big Data.

Et quand Agoria nous a parlé du programme Start IA, nous n’avons pas hésité à nous inscrire ! Cela nous permis de définir avec méthode l’avenir de l’IA dans notre entreprise. Grâce aux experts de B12 Consulting, nous avons pu engager des réflexions plus matures et des processus de réalisations.  

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Et vous, Michel Herquet, dites-moi ce que fait B12 Consulting...

MH : B12 Consulting est une société de service IT d'une trentaine de personnes que j’ai fondée avec 2 autres partenaires en 2012. Nous proposons 2 grandes catégories de services : le développement de logiciels sur mesure et de projets A à Z dans tout ce que l’on regroupe sous la data science : intelligence artificielle, Machine Learning…
Notre rôle dans le cadre de Start IA ? Aider les entreprises wallonnes à faire leurs premiers pas dans l’IA. Nous collaborons également au programme Tremplin IA - qui en est la suite logique - où l’on passe d'une idée à un proof of concept.

« Augmenter la productivité, diminuer les coûts, améliorer les services… l’IA touche tous les secteurs, les petites et les grandes entreprises ! », Michel Herquet, B12 Consulting

Pourriez-vous expliquer ce qu’est l’intelligence artificielle ?

MH : C’est ce qui permet aux machines de devenir un peu plus intelligentes qu'elles ne le sont aujourd'hui… Plus sérieusement, l’IA est l'ensemble des techniques et méthodes scientifiques qui confèrent à un système considéré comme non intelligent - comme un ordinateur - des propriétés que l’on relie à l'intelligence : la capacité à apprendre, à s'adapter, etc.

GL : J'ai lu dernièrement une définition qui m'a amusé : l'intelligence artificielle, c'est tout ce qu'on n’a pas encore aujourd'hui. Parce que cette notion évolue dans le temps.
 

L’IA est-elle la solution miracle ?

GL : Non, bien sûr. L’intelligence artificielle permet déjà beaucoup de choses, mais c'est une solution parmi d'autres. En effet, elle doit être alimentée par des systèmes et des équipements opérationnels. Je vois donc cela comme une chaîne dans laquelle l’IA est un maillon, mais ce n’est pas le seul…

Et dans ce cadre, quel est le challenge le plus important ?

GL : Nos collaborateurs ont sans cesse de nouvelles idées, toutes plus originales les unes que les autres, qui visent à rendre nos villes plus sûres, plus économes, plus mobiles, plus vertes… Chez Smartnodes, l’enjeu est de pouvoir définir ce sur quoi on doit se concentrer et ensuite de créer l’ensemble du processus. Et là, c'est moins évident… Car nous n’avons ni le temps ni les moyens humains et financiers pour lancer concrètement tout ce qui nous passe par la tête.

Vous aviez donc de grandes attentes avec Start IA…

GL :  Oui, car bien qu'on ait conscience des nombreuses possibilités offertes par l’IA, nous ne sommes pas en prise quotidienne avec cette technologie. On a des intuitions mais cela ne suffit pas pour se lancer. Start IA a permis de rassembler autour de la table nos collaborateurs avec toutes leurs idées et des experts qui nous ont aidés à trier le bon grain de l'ivraie.
 

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Quelles étaient donc vos idées géniales ?

GL : Nous récoltons énormément d'informations générées par les capteurs posés sur les éclairages publics. Questions : l’IA peut-elle nous aider à les utiliser pour éviter les dysfonctionnements des équipements, améliorer la mobilité dans la ville, faire des économies d’électricité, prévoir les crues avec précision, etc. ?

MH : C’est un vrai bonheur de travailler avec une entreprise comme Smartnodes qui a autant d'imagination ! Notre collaboration est extrêmement bien alignée avec l’objectif de Start IA qui n’est pas de développer une idée en particulier, mais bien de faire une analyse 360° des activités d'une entreprise et de se demander comment, grâce à l’IA, on peut améliorer ses process ou créer de nouveaux produits, services, etc.

« Nous évaluons chaque idée sur 2 dimensions : l'impact et la faisabilité. »
Michel Herquet, oB12 Consulting

Et comment avez-vous fait le tri ?

MH : La stratégie que nous avons adoptée est celle que nous suivons avec la plupart de nos clients. Elle consiste à évaluer chaque idée sur 2 dimensions : l'impact et la faisabilité.

GL : Au final, on a identifié 3 ou 4 pépites qui étaient dans la catégorie impact potentiel significatif et réalisable avec nos technologies et nos données existantes.


Pouvez-vous nous parler d’une idée en particulier ?

GL : Je suis très enthousiasmé par la maintenance prédictive de l’éclairage public qui a beaucoup d’avenir. En suivant la méthodologie évoquée, cette idée-là est fortement ressortie par rapport aux autres.
Son impact ? Pouvoir passer d’une maintenance préventive et systématique des équipements à une maintenance prédictive en recueillant un maximum de données quant à leur état de fonctionnement et de santé en fonction de leur environnement, de leur utilisation etc.
Autrement dit, en se basant sur l’historique de chaque équipement, nous pourrions prévoir à l’avance quand il est susceptible d'avoir une défaillance. Cela permet aux équipes de maintenance d’intervenir sur plusieurs luminaires à la fois et bien sûr d’éviter les pannes et les accidents. Donc impact temps, sécurité, financier, prévention… sans oublier la satisfaction du citoyen qui ne se retrouvera plus, en pleine nuit, dans le noir.
Sa faisabilité ? Dans notre cas beaucoup de données pertinentes sont déjà collectéespar nos capteurs de sorte qu’elles pourraient facilement et rapidement alimenter une intelligence artificielle, sous réserve d'études techniques complémentaires bien sûr.

« Start IA est un programme très court, c'est aussi sa force ! »

Est-ce que Start IA vous a pris beaucoup de temps ?

GL : Ce programme est très court, mais c'est aussi sa force. On ne rentre pas dans un projet mammouth. Au contraire, on va to the point et au bout de 3 ou 4 jours - 2 gros workshops et quelques appels téléphoniques -, on a déjà une vision largement éclaircie de ce qu'il est possible de faireet de ce qui est pertinent.

Quels pourraient être les freins d'un projet d’intelligence artificielle ?

GL : À part la récolte des données, il y a bien sûr le côté budgétaire, mais aussi le manque de temps ! Dans une petite structure comme la nôtre, on est toujours au four et au moulin et on passe sa journée à résoudre les difficultés immédiates. Or avec l'IA, on joue le futur. Si on ne veut pas le regretter plus tard, il faut aujourd’hui prendre le temps de relever le nez du guidon, regarder loin devant pour ensuite concrétiser nos projets.

En conclusion, quel message aimeriez-vous faire passer aux entreprises wallonnes ?

GL : Lancez-vous dans l’aventure de l’intelligence artificielle avec Start IA ! Ce programme est court et ne coûte pas cher (ndlr : 4.500 euros dont 75 % est pris en charge par la Région wallonne). Il vous force à vous poser les bonnes questions. De plus, vous êtes mis en relation avec des experts très compétents et… très sympathiques qui vous donnent très vite des réponses assez pertinentes.


MH : L'IA est une tendance globale dans laquelle les entreprises doivent s'inscrire parce qu'elle offre beaucoup d’opportunités. Et en Wallonie, on a d’énormes compétences, d’un côté, on a un beau tissu d’entreprises innovantes et de l’autre on a un riche écosystème académique. Il ne reste plus qu’à réunir ces 2 mondes pour réussir à faire des grandes choses. C'est clairement l’objectif des programmes Start IA et Tremplin IA !

Cet article a été originellement publié le 23 mars 2021 sur le site d’Agoria, à l’initiative du programme wallon DigitalWallonia4.ai

 

 

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