Interview avec Ségolène Martin, CEO et cofondatrice de Kantify

Ségolène Martin, CEO et cofondatrice de Kantify

 

Qui êtes-vous ? Que faites-vous ?

Je suis la CEO et cofondatrice de Kantify, une startup spécialisée en intelligence artificielle pour la santé, l’industrie pharmaceutique, les transports et les services. Nous sommes basés à Bruxelles et notre cœur de métier est de développer des logiciels basés sur l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique. Notre entreprise a annoncé en 2019 une ‘première mondiale’ dans le domaine de l’Intelligence artificielle et la santé, en collaboration avec le laboratoire d’intelligence artificielle de l’ULB. Nous sommes en effet les premiers à pouvoir prédire une pathologie cardiaque qui s’appelle la fibrillation auriculaire.

Dans votre expérience, quand et comment les PME belges prennent-elles conscience de l’apport potentiel des technologies de l’intelligence artificielle pour améliorer certaines de leurs performances ?

Les PME avec lesquelles nous collaborons utilisent l’IA pour accélérer leur croissance. On voit deux cas de figure :

  • soit elles commencent par identifier un projet ou un challenge business, et se rendent compte que l’IA peut les aider à résoudre ce challenge bien plus rapidement et efficacement.
  • soit elles découvrent le potentiel de l’IA, puis entament une réflexion sur comment l’IA peut les aider. La suite logique est d’intégrer l’IA à leur business model pour développer de nouveaux ou meilleurs produits ou services.

A quel enjeux business veulent-elles principalement répondre en faisant appel à l’intelligence artificielle ?

Je vois deux types d’enjeux :

  1. Des enjeux de performance opérationnelle : faire mieux, et/ou à moindre coût. Typiquement, il s’agit d’une entreprise qui va utiliser l’analyse prédictive, pour prédire ses ventes, ou alors automatiser un process.
  2. Des enjeux d’innovation stratégique. Dans ce cas, il va s’agit d’utiliser l’IA pour développer son chiffre d’affaires, développer de nouveaux produits ou services, ou atteindre un nouveau segment de marché. Pour beaucoup d’entreprises, l’objectif est aussi de se différencier. L’IA permet de développer un véritable avantage compétitif. En effet, même si la technologie se diffuse à grande vitesse, il y a beaucoup de nouvelles utilisations à mettre en œuvre ?

Quels sont les freins internes ou externes pour qu’elles se « jettent à l’eau » ?

Le manque de connaissances : pour utiliser l’IA, il faut d’abord comprendre ce que ça peut apporter et comment la mettre en œuvre.
Le manque d’expertise technique : il faut une expertise, soit interne soit externe, pour s’assurer qu’on cadre bien son projet, et ensuite qu’on l’exécute bien.
Le manque de ressources financières : même si l’IA se démocratise, développer une solution d’IA n’est pas gratuit, surtout si on n’opte pas pour une solution de type ‘clé en main’ (SaaS). Il faut donc des incitants financiers pour encourager les PME à se lancer.

Qui peut les conseiller et les aider ?

Kantify aide les PME à cadrer et mettre en œuvre leurs projets d’IA. Quand elles rentrent en contact avec nous via notre site web www.kantify.com, nous commençons toujours par un premier entretien où nous donnons directement un feedback sur la faisabilité d’un projet, ou comment la PME peut se préparer à être prête. L’idée est de lui éviter de se lancer dans un projet pas assez mature, et de l’aider à se mettre sur les bons rails dès le début.

Pouvez-vous citer des exemples d’applications concrètes développées, pour différents secteurs ?

Dans le secteur de la santé et des sciences de la vie, nous aidons les entreprises pharma et biotech à accélérer la découverte de molécules grâce à l’Intelligence Artificielle. Nous aidons également les entreprises du secteur médical à intégrer le machine learning (apprentissage automatique) à leurs dispositifs médicaux.
Dans le secteur des transports, nous aidons la SNCB à prédire à quel point un train va être bondé ou non, afin qu’elle puisse informer ses passagers en temps réel, ce qui leur est très utile en temps de COVID.

Comment en mesure-t-on les résultats ? Le retour sur investissement apparaît-il à court terme ?

Généralement un projet d’IA va avoir des objectifs techniques (de performance) et des objectifs business (impact sur le chiffre d’affaires ou la marge, rétention des clients, etc..). Mon conseil est de vraiment définir les objectifs en amont, déjà pour savoir s’ils sont réalisables, et puis pour s’assurer qu’ils guident le projet dans toutes ses étapes.

Fort de votre expérience, quels conseils adresseriez-vous aux PME qui hésitent à franchir le pas ?

Mon premier conseil est de ‘start small’ : ne vous lancez pas directement dans un grand développement, surtout si c’est votre premier projet.
Entourez-vous d’experts, que ce soit internes ou externes, avec une expérience vérifiée du domaine. Ils vont vous permettre de comprendre si votre projet est faisable, et de vous assurer que vous développez ou utilisez une technologie qui est solide et répond vraiment à vos besoins.

Pour en savoir plus

Découvrez le témoignage écrit de Jean-Louis Van Houwe, CEO van Monizze, une PME bruxelloise accompagnée par Kantify.

Découvrez le témoignage croisé de Ségolène Martin avec Jean-Louis Van Houwe, enregistré lors de l’événement « AI WEEK – La semaine de l’intelligence artificielle » qui a eu lieu du 15 au 19 mars 2021.

 

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